Condition de vie des étudiants

par MZ – avril 2006

La Mutuelle des étudiants (LMDE) a rendu en septembre 2005 des résultats inquiétants sur le niveau de vie des étudiants: 33% disposent de 200 à 399 euros pour vivre et 27% de moins de 200 euros. D’autres chiffres, en progression depuis plusieurs années, avancés par l’observatoire de la vie étudiante (OVE : www.ove-national.education.fr) indiquent qu’environ 20 000 étudiants se trouvent dans une situation de précarité grave et durable, et 80 000 demandent une aide exceptionnelle chaque année. L’OVE mène tous les trois ans une enquête en s’appuyant sur les indicateurs de difficulté économique pour déterminer les situations de pauvreté : découvert bancaire, restriction des dépenses, demande d’aide sociale exceptionnelle (allocation d’étude, prêt d’honneur,etc..).

Ces facteurs sont fortement reliés à d’autres comme le chômage des parents ou leur situation précaire, le fait d’être un étudiant étranger…

Parallèlement, l’Unef dénonce une situation sociale de plus en plus difficile, avec une inflation croissante des « postes incompressibles » : droits universitaires, sécurité sociale, repas universitaires, loyers.

Le nombre d’étudiants est passé de 300 000 dans les années 60 à 2 300 000 aujourd’hui. Ce nombre s’est stabilisé dans les années 80, et la baisse démographique des étudiants français est compensée depuis le milieu des année 90 par la hausse continue du nombre d’étudiants étrangers (220 000 en 2002 dont 180 000 inscrits à l’université). Dans le même temps, le nombre de chambres universitaires est passé de 100 000 à 150 000. En 2004 le rapport Anciaux préconisait, sur les 100 000 chambres traditionnelles de résidences universitaires, la réhabilitation de 70 000 d’entre elles, et la construction de 50 000 nouvelles, sur 10 ans. A la rentrée 2005, 4 700 étaient réhabilitées et 1 800 construites.

Par ailleurs, un rapport du Sénat montre que les conditions d’études sont encore plus difficiles pour les étudiants étrangers : l’accueil est peu attractif, rareté du logement, accès limité au salariat, pas de cours de langue anglaise ; 4/5e des étudiants étrangers arrivent en dehors de tout programme d’échange.

Le régime d’aide personnelle aux étudiants favorise l’accès au logement, mais reste peu lisible, et inégalement réparti sur le territoire, les aides accordées par les collectivités territoriales se révélant source d’inéquité. Il est aussi faiblement redistributif car le lien avec le revenu des familles est aléatoire. Il faudrait faire en sorte que ce calcul ne pénalise pas l’étudiant qui travaille.

Orientations pour une amélioration des condition de vie des étudiants
– Associer l’ensemble des acteurs du logement pour adapter l’offre à la mobilité étudiante.
– Accélérer la réhabilitation des résidences.
– Renforcer l’efficacité sociale des aides aux étudiants.

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