Elèves en difficulté – Sorties sans qualification

par EC – avril 2006

Causes de la difficulté scolaire et des sorties sans qualification :
Inégalités sociales, encadrement familial, relation famille-école, lieu de scolarisation, problèmes affectifs, questions psychiatriques, conduites à risque, autant de causes de l’échec scolaire, souvent étroitement liées. La pauvreté est la première cause de l’échec scolaire. (on sait aussi que la grande difficulté scolaire accroît considérablement le risque de chômage).

Malgré la loi d’orientation de 1989 (dont on ne peut cependant contester des aspects positifs), on constate une stagnation voire une aggravation pour les jeunes les plus en difficulté. Le système scolaire fixe d’une manière quasi définitive dans le parcours de l’élève des difficultés qui peuvent être provisoires et donc disparaître. Ce système rigide n’autorise pas de passerelle pour réintégrer un circuit normal. Des élèves sont ainsi « figés » dans une situation de handicap. Ainsi, on doit faire le constat que le passage en SEGPA (section générale et professionnelle adaptée) provoque un effet aggravant.

Quelques données
Le collège unique ? En 2003 : 20 000 (4ème technologique et aménagée), 60 000 en 3ème (orientation et techno). + 3 000 CPA (classe préparatoire à l’apprentissage) et CLIPA (classe d’insertion professionnelle par alternance) + 50 000 SEGPA et 35 000 pour l’enseignement agricole (CPA, 4ème et 3ème techno). Soit un total de 170 000. Les élèves sont souvent orientés dans ce labyrinthe de dispositifs sans en comprendre les finalités. Les parents sont pas ou peu informés. Comment ne pas y voir des issues sans secours ? Si certains de ces dispositifs ont pu apporter des solutions, ce n’est guère le cas aujourd’hui.

Les sorties sans qualification
Chaque année, on compte 150 000 jeunes, soit 20% d’une génération, qui sortent sans qualification. Cette absence de qualification est nettement plus pénalisante en France qu’ailleurs. Le risque d’exclusion sociale et professionnelle est plus élevé. Les possibilités d’insertion se réduisent. Les jeunes sortant sans qualification sont pénalisés dans l’accès à l’emploi, le type d’emploi, les revenus (difficulté accrue pour les filles).

Il faut savoir que les taux de sorties sans qualification sont variables d’une académie à l’autre dans une proportion variant de 1 à 5.

Propositions :
– Créer des systèmes de soutien diversifiés, associer les parents au traitement de la difficulté ;
– scolarisation à deux ans avec de petits effectifs ;
– personnel formé pour l’aide aux élèves (pourquoi ne pas utiliser les compétences d’enseignants volontaires en fin de carrière ?) ;
– mesures préventives de lutte contre la difficulté à l’école primaire et à la maternelle ;
– pas de redoublement mais des actions de remédiation ;
– création d’internats ;
– repenser l’évaluation des élèves ;
– créer des structures passerelles permettant de sortir d’un dispositif spécialisé ;
– avoir des enseignants formés pour les structures spécialisées (30 à 40% non formés actuellement) ;
– ré-instaurer une formation d’un an minimum en IUFM pour les enseignants spécialisés (depuis deux ans, celle-ci a été réduite à un quota d’heures dispersées dans l’année).

Améliorer l’orientation scolaire
Le problème de l’orientation revient fréquemment dans l’institution scolaire.
– Comment éviter l’orientation par défaut (cause souvent de l’absentéisme et de la déscolarisation) ?
– Comment éviter que le lycée professionnel soit vu comme un lieu de re-médiation des élèves en échec au collège ?
C’est aux jeunes les moins à même de se projeter dans l’avenir à qui on demande de construire un projet professionnel !

Propositions :
– Les enseignants de collège et de lycée devraient avoir une connaissance des lycées professionnels de leur secteur (On éviterait peut-être des propos scandaleux : « lycées poubelles » ou « si tu ne fais rien tu iras en LP ! ») ;
– impliquer les familles dans le processus d’orientation ;
– faire évoluer les représentations sociales, le rôle des parents, les pratiques institutionnelles, les formes d’organisation du travail ;
– formation à l’orientation dans les IUFM ;
– intégrer des stages en entreprise et la connaissance du milieu et de la réalité économique dans la formation des COP (conseillers d’orientation – psychologue) ;
– créer des permanences dans les mairies le samedi matin.
L’engagement des collectivités et de la région est indispensable pour mettre en place des partenariats avec le secteur des entreprises.

L’école ne peut pas tout et surtout pas toute seule. Le politique doit jouer son rôle au niveau national mais aussi au niveau régional. La lutte contre l’échec scolaire ne peut se faire que dans un contexte global. Le parti socialiste devra prendre des mesures d’urgence pour tous ces jeunes sortis sans qualification mais aussi pour tous ceux qui sont déjà en échec scolaire à l’école primaire et au collège, si l’on ne veut pas continuer à « fabriquer » de l’exclusion.

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