Les femmes et l’emploi : encore des inégalités

par AG – avril 2006

Les femmes représentent à l’heure actuelle 45% de la population active. De fortes disparités perdurent entre l’emploi des hommes et celui des femmes.

Certains points sont marquants. Une femme gagne globalement 20% de moins qu’un homme dans le privé et 14% de moins dans la Fonction publique. 30% des femmes travaillent à temps partiel contre 5% des hommes, alors que pour un tiers d’entre elles ce temps partiel n’est pas un choix, mais est subi. Elles occupent plus souvent (11% contre 6%) des emplois temporaires (CDD, stages ou les emplois aidés). Elles sont plus nombreuses à se retrouver au chômage : 10,6% des femmes contre 8,8% des hommes.

Pourtant les filles réussissent mieux au bac (généraliste) : 39% des filles d’une génération l’obtiennent contre 26% des garçons. Elles font aussi des études supérieures plus longues. Mais elles sont moins nombreuses dans les filières les plus cotées. Les filles se dirigent moins vers les études scientifiques (elles ne représentent que 23,5% des effectifs des écoles d’ingénieurs) ou vers les études menant à des métiers plus rémunérateurs, préférant les filières sociales, artistiques ou littéraires (74% en langues et 73% en lettres).

Quand commencent leurs vies professionnelles, elles se retrouvent majoritairement dans les catégories socioprofessionnelles les moins élevés : 76,8% des employés sont des femmes pour seulement 34,6% des cadres. Au sein du CNRS, 66% des techniciens sont des femmes pour seulement 12% des directeurs de recherche.

Les hommes restent majoritaires dans les plus hautes strates de la hiérarchie. Les femmes ne représentent que 6,46% des sièges dans les conseils d’administration des grandes entreprises et 13,6% des chefs d’entreprises. C’est ce qu’on appelle l’effet « plafond de verre ». Il n’y a pour l’instant que 15% de femmes à Polytechnique et 30% à l’ENA.

Le taux d’activité des femmes est clairement corrélé au nombre d’enfants qu’elles ont, ce qui n’est pas le cas des hommes. L’insuffisance des systèmes de garde obligeant certaines d’entre elles à choisir entre travail et enfants.

L’écart du temps consacré aux tâches ménagères entre les hommes et les femmes, même s’il tend à se réduire, reste toujours important : les femmes y consacrent 4h26 par jour contre 2h13 pour un homme.

En 1957 le Traité de Rome stipulait que les états membres devaient assurer l’égalité salariale entre les hommes et les femmes.
Depuis, quatre lois contre ces inégalités se sont succédées en France. La loi du 22 décembre 1972, la loi Roudy (1983), la loi Génisson (2001) et la loi sur l’égalité salariale (2006). Mais ces textes législatifs n’étant pas assez contraignants ou non suivis de sanctions, ils n’ont pas permis de réduire définitivement ces différences.

Quelques pistes pour lutter contre ces inégalités :
– Obligation d’une représentation paritaire homme / femme dans les conseils d’administration des entreprises

– Obligation d’une représentation paritaire homme / femme au sein des représentations syndicales

– Sanctions contre les entreprises ne pratiquant pas une politique d’égalité des salaires entre les hommes et les femmes
– Augmentation des budgets consacrés à la petite enfance
– Augmentation du nombre de jours du congé paternité

– Augmentation des indemnités du congé paternité

Quelques chiffres complémentaires…
Ecart des salaires hommes / femmes selon les catégories socioprofessionnelles
Directeur général : – 39,3%
Cadres : – 23%
Ouvriers : – 17%
Employés : – 7%

Part des femmes par catégories socioprofessionnelles en 2003
Agriculteur : 32%
Artisans : 25,2%
Commerçant : 38,2%
Chefs d’entreprises : 13,6%
Cadres : 34,6%
Professions intermédiaires : 47,4%
Employés : 76,8%
Ouvriers : 18,7%

LES TEXTES LEGISLATIFS

Le traité de Rome (en 1957) stipule que les Etats membres de la Communauté Economique Européenne doivent assurer l’égalité salariale hommes-femmes.

Loi du 22 décembre 1972 : « A travail égal,salaire égal ».

Loi Roudy (du 13 juillet 1983) invite les entreprises à réaliser tous les ans un rapport sur la situation comparée des hommes et des femmes.

Loi Génisson (en 2001) oblige les entreprises à négocier tous les ans sur l’égalité professionnelle hommes-femmes. Elle prévoit des sanctions pénales de délit d’entrave (un an de prison et 3750 euros d’amende) pour les entreprises qui ne réalisent par ce rapport. Aucune sanction n’a été appliquée.

Loi sur l’égalité salariale (votée le 23 février 2006) : veut supprimer les écarts de salaires hommes-femmes et obliger les entreprises à accueillir d’ici 5 ans au moins 20% de femmes dans leurs conseils d’administration, mais pas de sanction en cas de non conformité.

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