Non à l’expulsion des enfants sans papier et de leurs familles !

Alexandra CordebardPar Alexandra Cordebard, élue du 10e — 18 septembre 2006

Les élus de la majorité municipale du 10e autour de Tony Dreyfus ont organisé avant l’été avec le Réseau Education Sans Frontières des cérémonies symboliques de parrainage d’enfants sans papiers, comme dans de nombreuses autres mairies de France.

Pour un élu, c’est une démarche peu naturelle que de se constituer en collectif pour résister à la loi. Il faut des circonstances exceptionnelles, la conviction d’avoir à faire face à une urgence.

La brutalité des mesures prises par le gouvernement de Monsieur de Villepin et la détermination aveugle de Monsieur Sarkozy à vouloir donner de lui une image de fermeté aboutissent en fait à mettre des familles dans des situations inextricables.

Inutile de relever encore la contradiction qui consiste à la fois à énoncer des critères de régularisation et dans le même temps à fixer à l’avance le nombre de personnes qui pourrait bénéficier de régularisation.

C’est absurde de traiter les deux parents d’une famille comme deux cas différents et de menacer la mère ou le père de reconduite à la frontière quand le reste de la famille reste. Absurde de menacer d’expulser vers l’Algérie les 2 sœurs aînées, jeunes adultes, d’une famille de 6 filles et de régulariser les autres membres de la famille.

Ces situations installent les familles tout entières dans l’insécurité, fabriquent pour les enfants des souvenirs traumatiques de rejet et de brutalité, aggravent encore leur précarité alors qu’ils sont souvent déjà dans des situations sociales difficiles. C’est absurde et inhumain de s’obstiner à traiter ces personnes comme des statistiques et à ce titre de s’autoriser tous les mauvais traitements, tous les arbitraires.

La vision de la droite française, l’immigration jetable, interchangeable, comme réservoir de compétences et de richesses sans contrepartie n’est pas notre vision.

Il faut se réjouir du travail exceptionnel du Réseau Education Sans Frontières, de la mobilisation des parents d’élèves, des enseignants et des habitants du 10e (et d’ailleurs), ces mobilisations ont été utiles et ont parfois évité le pire mais nous savons déjà que certains enfants n’ont pas fait leur rentrée et que nombre d’adultes redoutent chaque jour d’être arrêtés et reconduits à la frontière.

Notre engagement au coté de ces familles et de RESF est total, mais au-delà de cela il nous faut, femmes et hommes politiques socialistes et de la gauche française, nous engager fermement devant les échéances qui nous attendent, à réformer en profondeur ces lois et ces pratiques si nous sommes élus.

RESF

lien vers le site du Réseau Education Sans Frontières

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