Lettre ouverte de Tony Dreyfus à Nicolas Sarkozy au sujet de son QG de campagne

Tony DreyfusParis, le 31 janvier 2007

Monsieur le Ministre d’Etat,
Qu’un candidat à l’élection présidentielle ait choisi la rue d’Enghien pour installer le siège de sa campagne est naturellement perçu comme un hommage appréciable aux nombreux attraits du Xème arrondissement.
Toutefois, depuis cette installation, des plaintes fréquentes me parviennent, de la part d’habitants du quartier, concernant les gênes et pressions individuelles de toutes sortes qui en résultent.
Certaines sont à la fois compréhensibles et, peut-être, inévitables, ce qui m’a conduit, auprès de mes administrés, à des efforts d’explication que je considère comme un devoir républicain.
En revanche, d’autres mesures prises par les services de votre Ministère me semblent totalement disproportionnées et inacceptables. Je vise ici en particulier la multiplication des contrôles d’identité auxquels sont assujettis de très nombreux passants et qui excèdent, par leur nombre exceptionnel, à la fois ce qui est habituel et ce qui pourrait être légitime.
Chacun peut comprendre, et admettre, que le souci de protéger le siège d’une campagne présidentielle, quel que soit le candidat concerné, conduise à prendre certaines précautions. Mais nul ne peut comprendre le recours excessif -parfois systématique- à des contrôles qui, de surcroît, frappent avant tout les riverains, ainsi harcelés lorsqu’ils sortent et rentrent chez eux.
La fréquentation d’autres états-majors de campagne permet de constater que les mêmes faits ne s’y reproduisent pas. C’est ce qui me conduit à percevoir là une utilisation partisane de l’appareil d’Etat.
Je vous demanderai donc de donner sans délai les instructions nécessaires pour que prenne fin ce qui est devenu un désordre et une atteinte au droit des personnes sous couvert du maintien de l’ordre.
Dans cette attente, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre d’Etat, en l’assurance de ma haute considération.

Tony DREYFUS
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5 réponses à “Lettre ouverte de Tony Dreyfus à Nicolas Sarkozy au sujet de son QG de campagne”

  1. Durand Maurice dit :

    J’approuve absolument les propos de Tony Dreyfus ! Il y a rue d’Enghien un déploiement de forces, comme si le candidat était déja élu Président de la République ! ! Or, il n’en est pas de même pour les autres candidats, bien heureusement d’ailleurs, car cela couterait très cher, et donnerait une atmosphère de guerre civile, ce qui est parfaitement ridicule !

  2. paris10 dit :

    Service minimum pour cette réponse adressée à Tony Dreyfus par le directeur de cabinet du ministre-candidat Sarkozy : Rien sur l’utilisation partisane de l’appareil d’Etat, les contrôles d’identité systématiques étant justifiés par les soit-disant troubles à l’ordre public. Aucune amélioration n’est donc à prévoir pour les habitants du quartier.

     » Ministère de l’Intérieur et de l’Aménagement du Territoire, le directeur de cabinet, 12 février 2007.
    Monsieur le ministre (Tony Dreyfus, ndlr),
    Vous avez souhaité attirer l’attention de monsieur le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du Territoire sur les contrôles opérés par les services de police aux abords du siège de campagne situé rue d’Enghien dans le Xème arrondissement.
    En soulignant l’esprit républicain qui vous a d’ores et déjà conduit à expliquer à certains de vos administrés la légitimité du dispositif mis en place, je souhaite vous apporter les précisions suivantes.
    Les forces de l’ordre ont une mission générale de protection des personnes et des biens. Elles évaluent dans ce cadre les moyens à mettre en œuvre pour parvenir à cette fin.
    La déclaration de candidature de monsieur Nicolas SARKOZY a conduit le préfet de police à analyser précisément les risques de troubles à l’ordre public liés à l’action de mouvements contestataires, violents ou revendicatifs. Je crois sur ce point inutile de préciser à l’élu que vous êtes que cette démarche vaut pour l’ensemble des candidats.
    Il s’avère que dès le 14 janvier 2007, des individus ont tenté d’envahir le siège de campagne du candidat de l’UMP. Cet incident a légitimement conduit à renforcer les mesures de police afin d’éviter tout trouble à l’ordre public, qui, dans le contexte d’une campagne électorale, ne pourrait qu’être préjudiciable à notre démocratie.
    J’ajoute que les actes de vandalisme commis récemment sur huit permanences de partis politiques nous ont amené à exercer une vigilance accrue. Je peux vous assurer que l’ensemble des moyens nécessaires à l’identification des auteurs de ces actes contraires au principe de pluralisme et à l’expression de la vie démocratique est mis en œuvre.
    Tels sont les éléments que je voulais porter à votre connaissance, tant il me semble important de rappeler que le ministère de l’intérieur veille en toutes circonstances au respect de la Loi et des valeurs républicaines.
    Je vous prie d’agréer, Monsieur le ministre, l’assurance de ma très haute considération.
    Jacques GERAULT  »

  3. pasquay stéphane dit :

    j’aime particulièrement ce passage de la réponse du cabinet du ministre de l’Intérieur : « La déclaration de candidature de monsieur Nicolas SARKOZY a conduit le préfet de police à analyser précisément les risques de troubles à l’ordre public liés à l’action de mouvements contestataires, violents ou revendicatifs ».
    Il est simplement en train de nous signaler qu’ à la différence de toutes les autres candidatures, celle de Sarkozy constitue un danger à l’ordre public parce qu’elle suscite la violence.
    Que faut-il en conclure : faudra-t-il élargir le dispositif de sécurisation du la rue d’Enghien à la France entière, si N.S. était élu ? …Ca promet…

  4. ARAMIS dit :

    Bref tout est normal, circulez y a rien à voir. Chapeau la démocratie et l’égalité de traitement entre les candidats. Donc les services du Ministère de l’intérieur se tracasseraient autant pour tout candidat… Candidat qui serait également mnistre de l’intérieur, ah oui. On a bien compris que tout ça est à revoir de fond en comble. ARAMIS

  5. Dorothée Blondel dit :

    Rien ne m’étonne plus de quelqu’un qui est indifférent au sort de la population.
    Dorothée

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