Le logement : priorité politique du Pacte Présidentiel

par Frédéric Gilli — 11 février 2007

Le niveau des prix et des loyers qui explosent, les garanties de plus en plus interminables demandées à tout « candidat » (car aujourd’hui, avoir un logement est plus difficile que passer un concours !), les discriminations de plus en plus intolérables qui s’ensuivent, les travailleurs dans les centres d’hébergement, les étudiants dans les campings et les plus précaires, salariés ou chômeurs, exposés au froid et au vent sous des abris de fortune… Voilà le résultat de la politique du gouvernement. Voilà où nous a conduit l’UMP. Voilà les soi-disant succès de Borloo.
Certes, le Ministre (non-candidat) peut se vanter d’avoir porté hauts les chiffres de la construction et d’avoir produit beaucoup de logements « sociaux ». Seulement, la majeure partie de ces constructions n’ont pas été faites pour loger des gens mais pour bénéficier de remises fiscales : on construit à Aurillac quand les besoins sont à Paris… Quant aux logements sociaux, ils appartiennent de plus en plus souvent à la gamme des logements intermédiaires, aux loyers inaccessibles pour les plus pauvres. Dans l’esprit de la droite, les plus pauvres n’ont droit qu’à être hébergés, ce qui explique peut-être son acharnement à combattre depuis cinq ans cette fameuse loi SRU qui oblige les communes comme Neuilly à construire des logements sociaux. Si le Maire-ministre (candidat celui-là) aime jouer du populaire en choisissant notre arrondissement, il n’aime pas les pauvres au point de les loger chez lui (2,6% de logements sociaux à Neuilly !).
Comme l’a rappelé très justement Ségolène Royal dans ses vœux, le problème des sans-abri n’est pas un problème d’hébergement : il faut certes remédier à l’urgence, mais il s’agit surtout de pouvoir garantir à tout le monde une sécurité du logement tout au long de la vie. Un employé de Carrefour s’est fait licencier parce qu’il est arrivé plusieurs fois en retard au travail. La raison : il était sans abri et devait trouver chaque matin sa solution d’hébergement pour le soir et sécuriser ses effets personnels. La droite a peu a peu construit un pays où un salaire ne permet pas de vivre et où l’absence de logement est devenue une forme de normalité… Il est urgent de relancer la construction de logements sociaux, de limiter les aides de l’état aux baux avec contrepartie sociale, de faciliter les relations entre bailleurs (qu’il faut rassurer, les retraites ne sont plus ce qu’elles étaient) et les locataires (qu’il faut traiter dans le respect de l’égalité) en créant un service public de la caution. Il y a un vrai projet socialiste sur le logement. Il vise à promouvoir l’accès de chacun à une solution de logement lui permettant de mener une vie digne. Soit dit en passant, cela résoudrait en partie les problèmes d’échec scolaire et de violences familiales…
En face de cela, l’UMP ne propose qu’une version encore plus libérale de la politique actuelle, coupant dans les aides au logement pour les étudiants, généralisant les systèmes d’exonération fiscale qui ont fait faillite et faisant l’apologie d’une propriété qu’il rend inaccessible sauf à ceux acceptant de s’endetter sur cinquante ans… à la grande joie des banques et du lobby immobilier. Dans ce contexte, on se demande bien comment le tout nouveau droit au logement opposable pourra être autre chose qu’une perfide promesse d’avant élections.

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