Avec la gratuité dans les transports publics pour les bénéficiaires du RMI, l’Île-de-France poursuit une politique tarifaire plus juste et solidaire

Alain-Pierre Peyraudpar Alain-Pierre Peyraud, conseiller régional et élu du 10e — 9 avril 2007

Depuis le 31 mars 2007, les franciliennes et les franciliens, bénéficiaires du RMI et leurs ayants droit, soit environ 350 000 personnes, disposent de la gratuité sur le réseau des transports publics d’Île-de-France. Cette mesure vient compléter le dispositif de réduction de 75% du coût de la carte orange mis en place le 1er octobre dernier au profit des titulaires des minima sociaux (CMUC, AME, ASS, API), soit 10% de la population francilienne.

Une fois rendue effective la décentralisation du STIF, syndicat de transport où les collectivités territoriales sont désormais majoritaires, et respectueux des engagements de la campagne des régionales de 2004, l’ensemble des groupes de la majorité du Conseil régional (PS-Les Verts- « Communiste-Alternative Citoyenne-Républicaine » -MRC-PRG) ont voté, le 30 juin 2006, un des axes forts de la politique des transports en Île-de-France.

Depuis longtemps réclamée par l’ensemble des élus de gauche d’Île-de-France, cette décentralisation est intervenue alors que le gouvernement, directement ou par ses entreprises publiques, s’était désengagé depuis plusieurs années en limitant au minimum ses investissements.
Procédant sans doute de la même cohérence politique, les groupes UMP et UDF ont préféré s’abstenir sur ces délibérations, jugeant sans doute secondaire l’amélioration tarifaire dans les transports publics et ses conséquences sur la problématique de l’emploi en Île-de-France.

Il s’agit pourtant d’une mesure essentielle pour favoriser le retour à l’emploi dans un territoire où ce problème reste une préoccupation prioritaire et où le coût et le temps restent des éléments très discriminants. En effet, l’Île-de-France est un bassin d’emploi unique irrigué par un réseau de transport très dense. On compte aujourd’hui 12 millions de déplacements quotidiens avec un triplement des distances en 30 ans.
Sans possibilité de se déplacer, il n’y a donc pratiquement aucune chance d’accéder à l’emploi.

Pour lutter contre ces inégalités sociales et territoriales, la réponse du STIF est à ce titre bien plus large que la simple gratuité des transports pour les bénéficiaires du RMI.
Ce plan comprend en effet 2 volets :

  • des mesures sur l’offre des transports qui bénéficie à tous : nouveaux services avec une augmentation des fréquences sur les lignes les plus fréquentées, nouvelles infrastructures avec le développement du réseau mobilien et du noctilien mais aussi la réalisation du tramway des Maréchaux, du T4 en Seine-Saint-Denis et du début des travaux pour les tramways Saint-Denis/Sarcelles, Châtillon/Viroflay, nouveaux matériels avec un engagement auprès de la SNCF en septembre 2006 de plus d’un milliard d’euros pour changer et moderniser son matériel (pour l’exemple, l’age moyen de la flotte des rames de la SNCF dépasse les 22 ans pour une durée de vie estimée à 35 ans), amélioration de l’accessibilité et de la sécurité.
  • des mesures de tarifications qui, elles aussi, bénéficient à tous : réforme du zonage avec suppression des zones 7 et 8 à compter du 1er juillet prochain et maîtrise de l’augmentation des tarifs au niveau de l’inflation (alors que contrôlée par l’Etat, l’augmentation de 2003 à 2006 avait été de 18%) ou plus ciblées (collégiens, lycéens, apprentis ou étudiants avec la carte Imagine‘R), populations défavorisées par la carte solidarité transport, gratuité pour les Rmistes.

Il n’existe pas de population oubliée mais les mesures prises concernent en priorité les cas des plus fragiles. A ce propos, chaque salarié bénéficiant d’une prise en charge à 50% de leur carte orange par leur employeur, il est donc très malhonnête d’affirmer comme le fait Nicolas Sarkozy que « le salarié paie plein pot pendant que le Rmiste ne paie rien ». Au contraire, c’est quand on est au chômage qu’on paye « plein pot » !

Ce dispositif n’est qu’une étape dans la résolution d’un problème dont la Région ne maîtrise pas toutes les dimensions. Les collectivités territoriales vont dans ce domaine bien au delà de leurs compétences légales pour faire face aux attentes des franciliens et ainsi atténuer les conséquences du désengagement de l’Etat. Nous le constatons tous les jours, ce dernier a pris l’habitude dans bien des domaines de faire peser sur d’autres la charge qui lui incombe (RMI, personnes âgées, handicap…) sans transférer les moyens financiers nécessaires à l’ampleur des besoins identifiés.

De plus, dans le cadre du nouveau Contrat de Projets 2007–2013 signé avec l’Etat, 16 grands projets ont été inscrits pour développer les transports en commun principalement de banlieue à banlieue. Notons que cet effort n’a été rendu possible que parce que la Région finance à hauteur de 75% ce nouveau Contrat de Projet.

S’il était important de rappeler qu’au sein des différentes collectivités territoriales d’Ile-de-France, l’UDF et l’UMP font cause commune, le gouvernement Villepin n’a pas fait une priorité des transports en commun et de leurs conditions de fonctionnement et d’accès.
Les problèmes quotidiens de la « France d’en bas » si chère à Raffarin et de la « La France qui se lève tôt » si chère à Sarkozy ne sont pas plus à l’ordre du jour de leurs priorités.


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