Un choix de société plus qu’un leadership…

Le poing et la rosepar Hervé Diaité — le 25 juin 2007

La défaite du 6 mai 2007 et des législatives qui ont suivi, marquent une possibilité historique de repenser la gauche et l’action politique en général, d’établir un pont entre un passé victorieux mais révolu et un avenir où le combat, sur le terrain des valeurs et des projets, sera difficile à mener.

Désormais, si la défiance de l’opinion publique à notre égard tend à s’estomper, elle continue néanmoins à être alimentée, jour après jour, par notre incapacité à faire tomber les masques des ambitions personnelles. Le combat et la victoire ne peuvent exister sans une démarche collective, reposant sur un projet empreint de valeurs, de fond et de sens.

L’unité, garantie indispensable pour incarner une opposition crédible, pour rassurer les Français quant à nos capacités de résistance, ne constitue même pas aujourd’hui le plus petit dénominateur commun à notre famille.

Nous avons pu mesurer à l’occasion de la campagne présidentielle de Ségolène Royal l’immense espoir populaire qu’elle suscitait.

Mais une campagne, même présidentielle, ne crée pas forcément une légitimité, et encore moins un projet. Notre avenir commun ne peut se bâtir sur le caractère éphémère et aléatoire de sondages, aussi flatteurs soient-ils. L’histoire nous en a d’ailleurs infligée une dure leçon…

Ne nous précipitons pas !

Contrairement aux vainqueurs d’aujourd’hui le temps est avec nous, non le temps médiatique, mais celui des idées, de la patience, de la maturité : le temps politique. Ne cédons pas aux sirènes du plus grand nombre, à la tentation du désir premier, bâtissons un chantier de valeurs nouvelles, fort de l’expérience de nos aînés et sûr de la confiance de notre jeunesse !

Nous avons tous une responsabilité immense : garantir l’unité et l’ouverture de notre parti. Cela suppose une redéfinition du pacte politique, incarnation des fondamentaux qui nous lient. Le socialisme du 21ème siècle qu’il nous faut désormais penser s’inscrit dans un choix de société empreint de réalisme, éloigné des formules creuses, où l’économie de marché est une réalité incontournable et la social-démocratie une pratique politique acquise.

Aucun congrès aujourd’hui, dont les enjeux se résumeraient aux ambitions personnelles (les deux dernières expériences l’ont montré) ne permettrait d’apporter une réponse à la hauteur des défis qui nous attendent.

Bousculer les échéances, faire abstraction du fond, faire l’économie d’une réflexion sur le projet, pour céder à la tentation du leader médiatique, c’est nous assurer des lendemains difficiles. Nous avons besoin de fond et d’expérience.

Le courage aujourd’hui, c’est faire le choix de la réflexion, de la raison, des valeurs et de la patience. L’échéance prochaine des élections municipales doit être, dans sa phase de préparation exempt des dissensions qui nous déchirent aujourd’hui. En 2001, nous sommes tous parvenus à faire de nos différences une richesse, mieux un projet de vie ! Par son choix en rupture et sa constance, Paris porte désormais les fondamentaux de notre devenir national.

La victoire ne sera possible qu’en nous regroupant, qu’en étant capable d’engager une réflexion de fond sur notre identité et notre rôle. Ainsi, c’est en plaçant la notion de valeurs au cœur de notre action qu’émergera la stature du leader tant espéré et attendu.


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