Contribution de la commission culture de la section du 10e au projet municipal parisien

Cette contribution au projet municipal a été rédigée par la commission Culture de la section et a été remis au secrétaire fédéral à la culture au mois de juin. La commission fédérale Culture poursuivant ses travaux à partir de septembre dans le cadre de la préparation du projet municipal, la commission de la section se réunira dès la rentrée pour développer cette contribution et s’inscrire ainsi dans le travail fédéral.

Un conservatoire « hors les murs »

  • Pourquoi ?

Pour éviter l’engorgement des conservatoires municipaux et ouvrir l’enseignement artistique au plus grand nombre, aux enfants qui ne recherchent pas forcément une pratique d’excellence et à ceux pour qui l’accès à la culture n’est pas naturel.

Nous sommes partis de l’expérience de l’un de nous qui a monté une association « d’éveil musical et culturel » pour donner aux enfants des outils d’accès à la culture. Cette association dispense un enseignement artistique dans une école maternelle de son quartier grâce à la bonne volonté du directeur d’établissement mais ne parvient pas à s’implanter dans d’autres écoles. Nous avons alors pris conscience qu’avec une volonté politique de la mairie derrière ce type d’initiatives, un tel enseignement pourrait être facilité et généralisé.

  • Comment ?

– Faire une analyse chiffrée sur la fréquentation des conservatoires et des centres d’animation (âges, catégories socioprofessionnelles, durée de l’enseignement suivi…).
– Recenser les associations qui proposent des activités et animations culturelles ;
– Etablir un système de partenariat entre ces associations, les affaires culturelles de chaque arrondissement et les directeurs d’école pour l’utilisation des locaux scolaires (assurance, surveillance, responsabilité…) ;
– Etablir un programme d’aides de la municipalité à ces associations (aide à la communication, aux démarches administratives, subventions…) ;
– Meilleure information pour l’inscription dans les conservatoires et centres d’animation pour inciter ceux pour qui ce n’est pas naturel ou qui s’en sentent exclus d’y participer ;
– Etendre cet enseignement à des cours amateurs pour adulte.

Un Festival « Semaine artistique dans les écoles de Paris » autour d’un événement culturel parisien

  • Pourquoi ?

– Pour favoriser la création artistique dans les écoles, la collaboration entre enfants, équipes pédagogiques, artistes et médiateurs mandatés par la Ville de Paris autour d’un thème traité dans un ou plusieurs lieux de diffusion parisiens (théâtre, musée…).
– Pour lier cette création à une sortie culturelle et susciter l’intérêt et l’envie de retourner dans le lieu de diffusion (salle de concert, musée etc.).

  • Comment ?

Par exemple, prendre le thème d’une exposition prévue au cours d’une année scolaire au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris ou d’une pièce présentée au Théâtre Sylvia Montfort. Lancer la préparation d’un festival sur ce thème qui aura lieu au moment de l’expo ou de la pièce. Inciter donc les écoles à recevoir en leur sein des artistes et médiateurs qui viendraient préparer des évènements artistiques, en collaboration avec l’équipe pédagogique : des ateliers d’écriture, de peinture, de sculpture, de musique… qui seraient représentés dans les lieux de diffusion municipaux (hall de mairie, salles des fêtes, hall des théâtres municipaux…) dans tout Paris.

Un mercredi artistique par mois dans les centres de loisirs

  • Pourquoi ?

Pour éviter que les sorties culturelles des centres de loisirs parisiens ne tournent qu’autour du spectacle de marionnettes tellement peu attractif que la seule sortie excitante se résume au dernier blockboster américain.

  • Comment ?

– Collaboration systématique entre la direction des affaires culturelles et la direction de l’éducation pour développer un programme culturel de qualité dans les centres de loisirs et les moments interscolaires : pratique artistique encadrée (sous la responsabilité des animateurs de la Vile de Paris), sorties dans des théâtres ou musées, préparation de la sortie quelques semaines avant par des rencontres avec les artistes ou des médiateurs culturelles qui peuvent expliquer l’événement, le présenter, mais également animer des ateliers autour, pratique artistique encadrée (sous la responsabilité des animateurs de la Ville de Paris).

Un observatoire de la médiation culturelle

  • Pourquoi ?

Pour inciter les gens à se rendre sur les lieux de diffusion, l’accompagnement culturel doit permettre une culture de masse de qualité : expliquer ce qu’on montre, pourquoi on le montre et comment le faire soi-même. Mais pour cela, il faut diriger l’information vers ceux qui ne la recherchent pas a priori et donc savoir où trouver les gens, dans des lieux où ils ne sont pas habitués à recevoir de l’offre culturelle et comment réussir à les toucher.

  • Comment ?

Engager une réflexion avec décideurs publics, artistes, associations pour trouver des solutions originales et efficaces. Il faut trouver des lieux et des moyens nouveaux d’aller chercher les gens, de les toucher et de les inciter à se rendre au théâtre, concert, musée…

  • Quelques pistes

– Fortes campagnes de publicité, d’information et de communication (notamment sur la gratuité dans les musées parisiens en dehors des évènements ponctuels tel que Nuit blanche ou Nuit au musée).
– Diffusion de l’information de la crèche aux maisons de retraite en passant par les associations, maisons et conseils de quartier ;
– Préparer les sorties culturelles (au musée, théâtre, et) par la venue de médiateurs culturels dans les écoles pour expliquer l’événement ainsi que d’artistes pour mêler la pratique à l’information ;
– Sortir l’art de ses lieux consacrés, fréquentés exclusivement par les milieux intellectuels et favorisés pour l’amener à la rencontre d’une autre population qui ne se sent pas concernée par la culture par manque de moyens, faible bagage, ou à l’écart géographiquement.
– Répertorier tous les lieux de rencontre et d’échange qu’ils soient culturels ou autres pour toucher des publics différents (par exemple, bibliothèques, gymnase, parkings, centres d’animation, jardins et parcs publics cours d’hôtels particuliers, passages, impasses etc..), parallèlement, répertorier les faiseurs d’arts (compagnies, plasticiens….) et leur demander comment et où utiliser leur savoir faire « hors les murs », accompagner ces événements culturels de tables rondes, de rencontres-débats, de présentation des évènements culturels qui existent dans les lieux de diffusion municipaux.
– créer des évènements culturels pour un public populaire dans des lieux « élitistes » (exemple d’un évènement déjà réalisé : l’atelier d’écriture au Théâtre national de la Colline, animé par un écrivain a donné aux habitants du quartier non seulement l’occasion de découvrir le lieu pendant l’année qu’a duré leur atelier, mais de le faire vivre un soir en présentant leurs écrits dans la grande salle le 11 juin).

Un ticket-culture

Création d’un ticket culture sur le modèle du ticket resto (convention entreprise –Ville de Paris pour prendre en charge des frais de participation à des sorties culturelles municipales).

Repenser la place des artistes et des créateurs dans Paris

– Politique d’incitation au regroupement de compagnies ou d’artistes : subventions pour ce type de structures, pour favoriser le travail en synergie dans le même quartier ;
– Travail sur des lieux de résidence et de création (ateliers d’artistes…) ;
– Réflexion sur la rémunération des artistes qui travaillent pour la Ville de Paris.

Développer une vraie politique de « projets culturels et artistiques »

– Favoriser les projets transversaux qui associent différentes générations, chômeurs, amateurs avec les artistes ;
– Travailler sur une programmation de qualité dans les théâtres municipaux.

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