Autoritarisme, quand tu nous tiens

Alexandra Cordebardpar Alexandra Cordebard, conseillère du 10e arrondissement déléguée à la culture — 7 septembre 2008

L’interventionnisme, l’autoritarisme, cet activisme qui veut se mêler de tout et tout contrôler est forcement dangereux pour l’art et les artistes.
Nicolas Sarkozy tance ses ministres, Mme Dati tance les juges, pas de surprise, Mme Albanel tance les directeurs de théâtre.
Nous voila au cœur du sujet, qui nous occupera je le crains toute cette mandature. Sous couvert d’ « ultra-libéralisme » providentiel, de prétendu pragmatisme et de mouvement (d’ailleurs circulaire, ou spiralé de l’extérieur vers l’intérieur, du Monde vers Nicolas Sarkozy) l’équilibre des pouvoirs et les libertés publiques sont remisés au rayon des vieilleries, désormais dépassés.
Si pour leur ministre de tutelle, les artistes ou lieux subventionnés ne peuvent plus critiquer le pouvoir sans être tancés puis demain sans doute punis, privés de subvention, nous allons comme le craint Benoît Lambert vers une époque pas du tout formidable…

Une réponse à “Autoritarisme, quand tu nous tiens”

  1. Cyrille P. dit :

    Bonjour,

    Les attitudes autoritaires des Dati, Albanel ou autres (et il n’y a pas que des femmes !) sont le symbole d’une pratique managériale très dans l’air du temps, qui place l’expression visible et sans complexe de l’autorité au sommet de la hiérarchie des valeurs. La contrainte, la brutalité, sont de moins en moins perçues comme honteuses, mais au contraire comme valorisante pour celui ou celle qui en use. C’est le plus sûr moyen de progresser dans la hiérarchie. On est évidemment dans le même contexte que celui du harcèlement, pratique qui est entrée en force sur la scène médiatique depuis quelques années.

    La question est de savoir si nous ne n’entrerions pas à nouveau dans une nouvelle époque du « manager fascisant » (je conçois que ce dernier adjectif puisse choquer, mais je l’emploie à dessein), qui serait le substitut du petit chef des années 60. Le manager fascisant d’aujourd’hui ne porterait pas de blouse et ne serait pas en usine, mais serait simplement habillé en Prada, et aurait le visage avenant de celui qui a appris à communiquer (la fameuse « cool attitude » ?). Mais sur le fons, le même mépris des autres, et le refus du dialogue et des mécanismes de régulations démocratiques.

    Dénoncer cela et porter cette critique sur le devant de la scène, voilà qui me semble pertinent pour les années à venir.